Jeudi 9 août 2007
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Une nomination d’intérêt – et je pourrais même dire de grande importance – est survenue le 8 mai dernier. Je l’avais gardée sous le coude en attendant de constituer
la petite documentation propre à rédiger un article substantiel et non pas superficiel. Le “vaticaniste” italien Sandro Magister me rappele à l’ordre aujourd’hui avec son
excellent bulletin Chiesa diffusé sur internet qui traite des « Nominations à la Curie sur fond de nouvelle culture ».
De quoi s’agit-il ? De la double nomination en qualité de vice-président – et non pas de “président” comme l’écrit Sandro – des commissions pontificales pour le patrimoine
culturel et l’archéologie sacrée du moine bénédictin (olivétain) américain Michael John Zielinski.
Ce moine, né en 1953 dans l’Ohio, et donc aujourd’hui âgé de 54 ans, était, jusqu’à sa double nomination, et depuis 2003, abbé du monastère Our Lady of Guadalupe à Pecos (Nouveau
Mexique). La partie du “tradiland” français proche de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) avait pu le découvrir – et l’apprécier – lors d’une
conférence qu’il donna à Paris au cours du colloque organisé par le périodique Si Si No No, en présence de Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la
FSSPX, les 7 et 8 janvier dernier, où il traita de son « expérience de la messe Tridentine comme rétablissement de la nature sacrificielle de la Messe ». L’expression
est sienne et est reprise d’un entretien qu’il avait accordé autour du 22 février suivant, repris par de nombreux site internet et toujours disponible sur le site de l’abbaye (www.pecosmonastery.org/AbbotArchives7.htm). À relire attentivement ce dernier texte, on ne peut s’empêcher de penser
que l’abbé Zielinski était alors particulièrement au fait du contenu du motu proprio de Benoît XVI qui allait libérer la Messe traditionnelle, Summorum
Pontificum. Le texte mériterait d’être traduit en entier. Que dit-il en bref ? Que « le Concile de Vatican II n’était pas une rupture vis-à-vis du passé, mais un renouveau dans la
continuité ». On croirait entendre Benoît XVI dans son exposé sur les deux « herméneutiques ». Que le précédent motu proprio de Jean-Paul
II, Ecclesia Dei Adflicta, « ne correspond pas aux besoins pastoraux du monde traditionaliste » et « qu’un [nouveau]
motu proprio serait une réponse juste et miséricordieuse non seulement pour le monde traditionaliste mais pour toute l’Église » : c’est exactement ce qu’est Summorum Pontificum. Sur
la FSSPX et son discours parfois “raide”, il temporisait : « Tant qu’il n’y a pas pleine unité et charité mutuelle, on ne doit pas se scandaliser de constater parfois une
“intempérance verbale” ». Il poursuit sur le motu proprio alors attendu : « Je crois qu’un tel motu proprio serait un premier pas vers la pleine communion [de la FSSPX, mais] ce
motu proprio, en conséquence, [ne serait] qu’un début (…) et, par conséquent, le début d’un mouvement liturgique dont le Peuple de Dieu a besoin pour un nouveau réveil de la foi ». On
interroge l’abbé Zielinski sur la nécessité d’une nouvelle réforme liturgique : « Je crois que la constitution dogmatique Sacrosanctum Concilium fut la réponse
à une conviction largement répandue que la liturgie avait besoin d’être réformée (…) Le second Concile du Vatican n’a clairement suggéré
que quelques
modestes réformes de la liturgie, mais il voulait qu’elles fussent organiques et clairement en continuité avec le passé. L’ancien rite [aujourd’hui « forme extraordinaire »] est devenu
un trésor vivant pour l’Église, et devrait fournir un étalon pour le culte, le mystère, la catéchèse, vers lequel doit s’orienter le Novus Ordo. Pour le dire en d’autres mots, la Messe
tridentine est le chaînon manquant. Et si elle n’est pas re-découverte dans la plénitude de sa beauté et de sa fidèle vérité, le Novus Ordo ne répondra pas au changement et au
développement organiques qui ont caractérisé la liturgie depuis ses débuts. C’est pourquoi nous devrions pousser beaucoup d’entre les nôtres à fonder un nouveau mouvement liturgique capable de
rendre à la liturgie son caractère sacré et surnaturel et à nous éveiller à une compréhension fidèle de la liturgie catholique ». On ne saurait mieux dire. Et le Révérend Père Abbé à été
appelé à Rome par Benoît XVI pour y travailler…
Par Daniel HAMICHE
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