Samedi 24 mars 2007
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Il ne faudrait pas croire, à lire mon précédent “post”, que le présent “blog” va se spécialiser dans la dénonciation des positions dissidentes d'établissements d'enseignement jésuites des
États-Unis, par rapport à la doctrine de l'Église. Mais l'actualité commande…
Grâce à The Cardinal Newman Society, une association fondée en 1993 pour contribuer au renouveau
et au renforcement de l'identité catholique des établissements d'enseignement supérieur et des universités catholiques aux États-Unis, une information scandaleuse vient de nous parvenir.
La University of San Francisco (USF) a soutenu et promu The 2007 Human Rights Film Festival (pas nécessaire de
traduire…) qui s'est déroulé du 19 au 21 mars dans la métropole californienne. Elle en a même fait la “une” de son site internet : c’est dire son engagement (aux côtés, d’ailleurs, du
Lesbian, Gay, Transgender and Questioning – LGBTQ – Caucus… pas davantage besoin de traduire).
Or deux des films projetés au cours de ce festival présentent des thèses irréconciliables avec la doctrine catholique.
Le film Rosita raconte l’histoire d’une petite Nicaraguayenne de 9 ans tombant enceinte (?) après avoir été violée (j’ai raconté une histoire semblable
mais survenue en Colombie, l’an passé, à une enfant de 11 ans – cf. L’Homme Nouveau n° 1 378 du 16 septembre 2006). Les parents de cette enfant veulent la
faire avorter alors que l’avortement est illégal au Nicaragua. Voici comment le programme du festival présente l’histoire : « [les] parents sont contraints de se battre contre deux gouvernements,
l’establishment médical et la hiérarchie de l’Église cahtolique »…
Le second film a pour titre One Wedding and a Revolution [Un mariage, une révolution] : il traite avec beaucoup de sympathie de la décision du maire de
San Francisco, Gavin Newsom, d’accorder en 2004 des « certificats de mariage» à des couples homosexuels : Bègles mais en beaucoup plus grand car on distribua des centaines de certificats… On y
voit « une séquence historique d’un échange de consentement, au milieu des larmes, de deux militantes lesbiennes de longue date ».
À lire cela et le “post” qui précède, on comprend l'utilité du combat de la Cardinal Newman Society. Mais sommes-nous à l'abri de tels débordements de ce
côté-ci de l'Atlantique ?
Jeudi 21 août 2008
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Il ne faudrait pas s’en réjouir trop vite en y voyant un effet “collatéral” de la visite de Benoît XVI aux États-Unis et une
conséquence de son discours lors de sa rencontre avec les représentants du monde universitaire catholique le 17 avril dernier. Toujours est-il que l’Université de San Diego
(Californie) vient de récuser un professeur au motif que la chaire qu’il devait occuper était « symbolique de la théologie catholique et que dans la théologie catholique l’avortement est
rejeté ». De quoi s’agit-il en fait ? De l’attribution à Rosemary Radford Ruether de la chaire de théologie « Monsignor John R. Portman ». Elle fut créée en 2000 par un
généreux donateur anonyme et tire son nom de celui qui fut, de 1967 à 1974, le créateur et le directeur du Département de théologie et d’Études religieuses de cette Université. Alice
Hayes, qui était en 2000 la présidente de cette Université catholique, fondée en 1949, précisait que cette chaire « sera un symbole fort et concret du sérieux attachement de l’Université
à la théologie catholique en tant que discipline académique, et une nouvelle manifestation de son identité catholique ». Parole, parole, parole… En effet, c’est bien l’Université qui a
sollicité Rosemary Radford Ruether pour occuper cette chaire au cours de l’année universitaire 2008-2009. C’est la réaction de nombreuses associations catholiques pro-vie qui a contraint
l’Université à récuser ce curieux professeur. Née en 1936, Rosemary Radford Ruether est une des pires hérétiques de notre temps. Féministe échevelée, membre du conseil d’administration de
Catholic for a Free Choice, la funeste association pro-avortement dite “catholique” – ce qu’elle n’est en aucune façon – elle conteste systématiquement et frontalement toute la doctrine
catholique : je crois, pour avoir étudié son dossier, qu’elle tient pour faux tout ce que les catholiques tiennent pour vrai. Elle n’est en rien catholique ; ce n’est qu’une païenne et féministe
exaltée qui ne se prétend “catholique” que pour subvertir l’Église de l’intérieur – ce qu’elle avoue en toute ingénuité. C’est le « donateur anonyme » de cette chaire qui a imposé sa candidature
à l’Université, ce que cette dernière avait accepté en juin dernier. Que se serait-il passé si les associations catholiques pro-vie n’avaient pas réagi avec la fermeté voulue ? Je vous le laisse
imaginer…
Vendredi 22 août 2008
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Je viens de traduire pour le blogue de L’Homme Nouveau un très long texte – plus de 30 000 signes et près de 5 000 mots ! – du
cardinal américain James Francis Stafford, Grand Pénitencier de la Pénitencerie apostolique. Il s’agit là d’un témoignage de première
main et d’une réflexion d’intérêt sur la “réception” de l’encyclique Humanæ Vitæ de Paul VI dans un diocèse
américain, en l’occurrence l’archidiocèse de Baltimore (Maryland), le premier diocèse érigé aux États-Unis, en 1789.
Ce texte, écrit à la demande de L’Osservatore Romano, a été publié en langue anglaise dans le California Catholic Daily du 29 juin 2008, avec l’autorisation de la Catholic
News Agency. Il eût été dommage que cette analyse d’une des conséquences tragiques de la crise post-conciliaire ne fût pas traduit en français. Voilà qui est fait. Vous le trouverez
ici (cliquez sur le lien PDF en pied de la présentation de ce texte dans le blogue de L’Homme Nouveau).
Mercredi 15 octobre 2008
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En mai dernier, la Cour suprême de Californie sortant de sa fonction de vérification de la constitutionnalité des lois de l’État usurpait la fonction du législateur californien pour
imposer le pseudo “droit” au mariage des personnes de même sexe. La colère des citoyens fut si vive qu’elle imposa un référendum qui sera
soumis au scrutin le 4 novembre prochain, sous le titre de « Proposition 8 ». Les électeurs californiens devront dire si oui ou non le mariage ne peut se définir qu’entre un homme et une
femme. L’Église catholique en Californie soutient, évidemment, la « Proposition 8 ».
L’Église catholique en sa hiérarchie, mais pas tous ses membres.
Le P. Geoffrey Farrow, encore curé du St. Paul Newman Center à Fresno, a déclaré à ses paroissiens le dimanche 5 octobre qu’il était opposé à cette « Proposition 8 », autrement dit qu’il était pour le “mariage” entre personnes du même
sexe. Pour que la mesure soit bien pleine, il avait, avant la Messe dominicale, déclaré à la chaîne de télévision KFSN de Fresno, qu’il
était gay !
Sitôt connues ces déclarations du prêtre, son évêque, Mgr John Steinbock (notre photo) a pris les mesures administratives et canoniques qui s’imposaient : suspension du salaire et des avantages médicaux, interdiction de remettre
les pieds dans sa paroisse et dans n’importe quelle autre paroisse du diocèse : « Vos déclarations, a écrit l’évêque au P. Farrow, sont en contradictions avec l’enseignement
de l’Église et ont entraîné un scandale pour votre communauté paroissiale et pour toute l’Église ». Des sanctions auxquelles ce prêtre s’attendait puisqu’il les avait anticipées en
déménageant par avance sa cure et son bureau !
Âgé de 50 ans, le P. Farrow fut ordonné en 1985 pour le diocèse de Fresno, dans le contexte ultra permissif et « gay-friendly
» de la Californie d’alors. Au motif du manque de prêtres – une des conséquences de la crise d’après Vatican II –, on accepta aux ordres n’importe qui. Le P. Farrow n’est qu’un
exemple parmi des milliers d’autres.
Saluons le courage de Mgr Steinbock, qui ne lui fera pas que des amis. Dimanche dernier, quand à la demande de l’évêque on a lu de nouveau
aux messes du matin célébrées au St. Paul Newman Center sa déclaration soutenant la « Proposition 8 », beaucoup de fidèles ont applaudi. D’autres sont sortis…
Je ne voudrais pas conclure cet article sans signaler une particularité de l’évêché de Fresno dont Mgr Steinbock est le quatrième évêque.
On y érigea en 1919 la première paroisse dédiée à sainte Thérèse de Lisieux aux États-Unis, et je crois même au monde.
Vendredi 21 novembre 2008
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N’en déplaise à l’hebdomadaire jésuite America, qu’il n’est pas insultant de qualifier de
progressiste, la désignation par Barack Obama de Tom Daschle (photo), ne va pas « dans la bonne direction ». Né en 1947 et entré en politique en 1979, cet ancien sénateur
démocrate du Dakota du Sud, qui avait perdu son siège lors des élections de 2004, annonça, dès février 2007, son soutien à la candidature de Barack Obama, ce qui lui valut d’être nommé
co-président de son comité national de campagne.
Cet homme politique – divorcé-remarié – se présente partout comme un « catholique romain », mais ses prises de position systématiquement pro-choix lui avaient valu, en
2003, une sanction ecclésiastique « informelle » de Mgr Robert Carlson, alors évêque de
Sioux Falls (il est aujourd’hui l'ordinaire de Saginaw dans le Michigan), qui l’avait “invité” à ne plus se prétendre catholique, ce à quoi le sénateur avait répliqué en soutenant que l’évêque
« s’identifiait davantage à l’extrême droite qu’à une gouvernance religieusement sensée ». Dans cette incohérence morale caractéristique des hérétiques, Daschle se dit personnellement opposé à l’avortement, mais a quasiment toujours voté les lois
qui le permettent, le promeuvent ou l’aggravent : être pro-choix n’est qu’une expression faux-nez pour dire pro-avortement. Il s’est toujours dit favorable à la manipulation des cellules souches embryonnaires et au Freedom of Choice Act dont j’ai déjà parlé. En devenant ministre de la Santé, il aura la haute main sur toute la politique américaine relative aux questions
bioéthiques. NARAL Pro-Choice America, le principal lobby pro-avortement des États-Unis, et qui a bénéficié de subventions publiques grâce à Daschle, partage, paradoxalement, le
point de vue d’America : cette désignation va dans le bons sens… c’est-à-dire dans un sens qu’il n’est pas très difficile d’imaginer. C’est en tous les cas ce qu’estime Nancy
Keenan, présidente de ce lobby de la mort : . Pour beaucoup de blogues catholiques “orthodoxes”, cette désignation – qui demandera à être ratifée par le Sénat, mais ce sera une simple
formalité – s'apparente à une déclaration de guerre à l'Église… Elle l'est, à coup sûr, pour les enfants à naître.
Jeudi 27 novembre 2008
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Né en 1947, William Blaine “Bill” Richardson était gouverneur du Nouveau Mexique quand il fut
désigné, le 22 novembre dernier, ministre du Commerce du futur gouvernement d’Obama.
Malgré son patronyme, Richardson s’identifie officiellement lui-même comme « Hispanique » du fait qu’il a trois de ses grands-parents Mexicains, et c’est d’ailleurs en qualité de « premier
candidat hispanique » qu’il convoita l’investiture du Parti Démocrate, dont il est membre, lors du processus des primaires de l’an passé, sur le thème – lui aussi ! – du « changement
».
Ce vieux briscard de la politique, qui fut ancien député du Nouveau Mexique (1983-1997), ancien ambassadeur de Clinton aux Nations Unies (1997-1998) et ancien ministre de l’Énergie du même
Clinton (1998-2001), offre une image assez paradoxale de la politique de « changement » scandée sur tous les tons de la gamme par le candidat Obama pendant sa campagne
présidentielle…
L’homme se dit « catholique romain », ajoutant : « mon sens de la justice sociale vient du fait que je suis un catholique romain ». Mais il n’est, en fait, qu’un hérétique dont
des décisions comme député ou gouverneur constituent un large éventail de ce à quoi s’oppose l’enseignement de l’Église.
Il est, par exemple, à fond pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires, contre tout ce qui pourrait réduire le « choix » des femmes (à l’avortement) tout en se disant – on
connaît la chanson – « personnellement opposé à l’avortement », il est radicalement opposé à la désignation d’un juge à la Cour suprême dont on pourrait supputer qu’il pourrait être pour
le renversement de Roe contre Wade… Autant de gages donnés à la contre-culture de mort lui ont valu d’être désigné comme « Champion du Choix » en janvier 2007 par la
National Abortion Rights Action League (NARAL), le lobby abortioniste américain !
Il est évidemment pour l’équivalent américain du PACS, souhaitant même, graduellement, qu’il devienne l’équivalent du mariage, défenseur du lobby des LGTB (lesbiennes, gays, trans et bi…),
et tellement soupçonneux de la moindre “discrimination” qu’on pourrait infliger à ses membres qu’il refusa, en septembre 2007, la présidence d’honneur des Scouts américains au motif que ce
mouvement de jeunesse refusait tout encadrement par des homosexuels, et il défend même la « discrimination positive » au profit des « minorités » pour des contrats publics…
Etc., etc.
Mardi 16 décembre 2008
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On ne l’a appris qu’hier – 15 décembre –, même si l’excommunication avait été notifiée aux intéressés le 9
décembre dernier. L’évêque de Phoenix (Arizona), Mgr Thomas J. Olmsted (photo), a été contraint de prendre ce décret contre deux prêtres de son diocèse, Mgr Dale Fushek et
le P. Mark Dippre. Ces deux prêtres étaient déjà l’objet d’une suspense de la part de leur évêque, mais ont décidé de passer outre pour créer l’an passé un Praise and Worship Center
à Mesa (Arizona) qui n’a strictement rien à voir avec le catholicisme. C’est pour cette rébellion que le décret a été promulgué. La suspense du P. Dippre vient du fait que, ordonné en
1992, il avait quitté le sacerdoce pour se “marier” civilement en 2003. La suspense de Mgr Fushek a des raisons encore plus graves puisqu’il est sous le coup de sept inculpations pour abus
sexuels sur des mineurs…
Lundi 5 janvier 2009
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Nommé le 22 novembre dernier ministre du Commerce du futur gouvernement d’Obama, qui devrait entrer en
fonction ce 20 janvier, Bill Richardson, dont j’ai parlé ici, vient d’offrir
le 3 janvier sa démission au Président élu, laquelle a été acceptée « avec grand regret » mais non sans un certain soulagement. Il faut signaler que le gouverneur du Nouveau Mexique est sous le coup d’une procédure d’investigation d’un “grand jury”, ce qui fait désordre. En
fait, il semblerait qu’une entreprise californienne très généreuse pour les campagnes politiques de Bill Richardson, ait obtenu des contrats de l’État du Nouveau Mexique pour 1 milliard de
$, alors que Richardson en était le gouverneur. Richardson nie tout cela bien sûr et affirme que le résultat de cette investigation le rendra aussi blanc que la neige qui tombe ce
matin sur Paris… Mais alors, pourquoi démissionner ?
Mardi 10 mars 2009
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Le Saint-Siège a pris, le 31 janvier dernier [1], une décision triste mais qui s’imposait en réduisant à l’état laïc Marek Bozek (photo)
d’origine polonaise. Ce désormais ex-prêtre du diocèse de Springfield-Cape Girardeau (Missouri), déjà frappé de suspense a divinis en décembre 2005 par l’ancien évêque du diocèse où il
était incardiné (Mgr John Leibrecht auquel a succédé Mgr James V. Johnston en janvier 2008), pour avoir quitté son diocèse sans autorisation de l’or
dinaire, avait aggravé son cas en prenant la tête d’une paroisse rebelle de l’archevêché de
St. Louis (Missouri). La paroisse St. Stanislaus Kostka était, comme c’est souvent le cas aux
États-Unis, gérée par six trustees (administrateurs) laïcs rassemblés dans une société : la St. Stanilaus Kostka Parish Corporation. L’archevêque Raymond Burke ayant
souhaité que cette paroisse rentre dans le droit commun administratif, financier et canonique des paroisses de l’archidiocèse, les six administrateurs entrèrent en rébellion contre l’archevêque
ce qui entraîna leur excommunication accompagnée de celle de Marek Bozek qu’ils avaient désigné pour être leur curé et qui accepta accomplissant ainsi un acte schismatique. Quatre des
anciens administrateurs de St. Stanislaus Kostka, qui n’est plus considérée comme paroisse de l’archidiocèse, ont demandé à être réconciliés ce que Mgr Burke [2] leur accorda le 10
juin 2008 – quelques jours avant d’être nommé Préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique à Rome –, levant la peine de l’excommunication. Marek Bozek n’ayant jamais cherché à se
réconcilier avec son évêque, il était inévitable qu’il fut réduit à l’état laïc par Rome. Curieusement, il persiste obstinément et vient de se placer sous la “houlette”, si l’on peut dire, de
Phillip Zimmerman, évêque de l’Église Vieille-Catholique dite d’Utrecht, et entend demeurer à St. Stanislaus Kostka avec quelques dizaines de “paroissiens” qui lui
demeurent attachés. En rejoignant l’Église Vieille-Catholique, il apostasie la foi catholique,
puisque cette “Église” ne reconnaît ni le dogme de l’Immaculée Conception ni le Syllabus (1864) ni le dogme de l’infaillibilité pontificale (1870). Elle s’est de nos jours encore plus
éloigné de Rome en admettant l’ordination des hommes mariés, l’ordination des femmes, le remariage après un divorce, la contraception artificielle, voire, localement, la bénédiction des couples
homosexuels [3]. Marek Brozek s’était fait une spécialité de l’“accueil” des divorcés-remariés et des homosexuels dans sa “paroisse” ce qui dégoûta de nombreuses familles d’origine
polonaise qui pourtant l’avaient embauché. Ces familles font désormais partie d’un groupe important d’anciens paroissiens qui a engagé, en juillet dernier, une action judiciaire devant les
tribunaux de St. Louis contre la société des trustees, afin que cette dernière en revienne aux accords de 1891 entre elle et l’archevêché. Si les juges donnent raison à ce groupe de
paroissiens, l’archevêché est disposé à nommer un prêtre diocésain comme administrateur de la paroisse afin que les fidèles puissent bénéficier de sacrements valides.
[1] L'annonce en a été rendu publique par Mgr Johnston le 9 mars.
[2] L'archevêque me confia, le 3 juillet dernier, que ce fut une des dernières joies de son épiscopat à St. Louis.
[3] Il est intéressant de noter que c’est là une grande partie du “programme” des catholiques progressistes, laïcs, clercs et jusqu’à certains cardinaux…
Mercredi 11 mars 2009
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15:54
C’est une grande et belle victoire que vient de remporter l’Église du Connecticut, évêques et fidèles réunis dans une mobilisation sans précédent. L’incroyable projet de loi (dont j’ai parlé
ici et ici) visant rien moins que de priver les évêques de leur pleine et entière autorité sur leurs paroisses (et de priver aussi les curés de certains pouvoirs
délégués par l’évêque), a été retiré par ses promoteurs du débat législatif hier alors qu’il devait être discuté aujourd’hui même.
Les deux pitres qui avaient déposé ce projet de loi le 5 mars – et qui, s’ils avaient une once d’honneur, devraient démissionner pour cette forfaiture –, le sénateur démocrate Andrew
McDonald et le député démocrate Michael Lawlor, ont dans un pitoyable communiqué estimé devoir retirer ce projet de loi s’étant aperçu ( !) qu’il ne leur « semblait pas juste
» de discriminer la seule Église catholique et, qu’au fond, ce projet de loi leur « apparaissait anticonstitutionnel » au regard du Premier Amendement. C’est ce qu’on appelle en bon
français des hypocrites. Je ne suis pas mécontent d’avoir évoqué, dans un précédent billet, une des raisons qui a poussé ces deux législateurs homosexuels : se venger de l’Église qui ne
reconnaît pas et ne reconnaîtra jamais le “mariage” de personnes de même sexe, qu’ils ont contribué à faire entrer dans le corpus législatif du Connecticut. De nombreux commentaires
américains, postérieurs à mon billet – décalage horaire oblige – sont venus en renfort de mon intuition. Nos deux pitres envisagent désormais de réunir une “table ronde” avec les représentants de
toutes les religions pour en discuter. La date n’est pas prévue et de toutes les manières, cela ne saurait se passer durant cette session parlementaire qui a « d’autres importants problèmes à
régler ». Cela ne se fera donc jamais ! Mais par contre le projet de loi, tout enterré qu’il soit présentement, pourra ressortir un jour ou l’autre. La vigilance s’impose et les catholiques
du Connecticut en sont bien conscients.
Cette belle victoire des catholiques fidèles au Magistère et à l’Église telle que l’a voulue Notre Seigneur, est aussi une sévère défaite des catholiques progressistes. Et c’est ce deuxième
aspect que j’entends traiter maintenant.
Au fond, nos deux pitres sont des jocrisses, des benêts qui se laissent mener par le bout du nez de leur haine de l’Église, car les vrais initiateurs de cette attaque contre l’Église sont autres,
et ce sont, malheureusement, des gens qui se disent “catholiques”.
Celui qui leur a soufflé l’idée de ce projet de loi et qui leur a fait injonction de la retirer devant la réaction fulgurante des catholiques fidèles, n’est autre que Tom Gallagher, un
collaborateur du très progressiste hebdomadaire National Catholic Reporter. Gallagher, diplômé en droit de la Catholic University of America, a été lui-même un
trustee, c’est-à-dire un administrateur laïc paroissial. Il est aujourd’hui spécialiste en investissement et habite le… Connecticut. Dans un article paru le 9 mars 2007 dans le
National Catholic Reporter – et judicieusement ( ?) republié ce 9 mars, selon mes informations –, intitulé « Proposition : considérer le droit civil pour réformer les paroisses »,
il dénonce le Religious Corporation Act du Connecticut (de mémoire voté en 1955), en ce qu’il ne prévoit que 5 membres pour les conseils d’administration des paroisses : l’évêque, le
vicaire général, le curé et deux laïcs. C’est-à-dire le statut “majoritaire” de l’évêque, son idée étant que ce soit les laïcs qui aient le pouvoir administratif et financier dans la paroisse. Il
écrit : « Toute réforme de la structure de gouvernance des paroisses catholiques exige qu’on commence immédiatement par une réforme des lois de l’État qui investissent, directement ou de
facto, une seule personne de l’autorité de la loi civile ». C’est exactement l’esprit du projet de loi qui vient d’être abandonné, et qui est tout droit sorti de la plume de
Gallagher. Or, ce projet de Gallagher est en tout point semblable au plan stratégique concocté par les catholiques archi-dissidents de Voice of the Faithful, qui promeut une
prise de pouvoir par les laïcs dans l’Église par la diminution du pouvoir hiérarchique, mais aussi l’élimination du célibat sacerdotal et le sacerdoce féminin. Le Dr. Paul Lakeland, prêtre
défroqué et professeur d’études sur le catholicisme à la Fairfield University (Fairfiels, Connecticut), a écrit tout un livre sur ce thème : The Liberation of the Laity : In
search of an Accountable Church (la libération du laïcat : en quête d’une Église responsable). Partant du principe que dans la crise des prêtres dits “pédophiles”, les « évêques
n’ont vraiment pas fait du très bon boulot dans la gestion de cette affaire » – ce qui est généralement vrai – le progressiste Lakeland a expliqué en quoi il était personnellement lié
à la mise au point de cette loi car il y a travaillé « vraiment de très près avec Tom Gallagher ». Dans une conférence de Joseph O’Callaghan, donnée le 28 avril 2007 lors de
l’assemblée annuelle de Voice of the Faithful à l’Université de Fairfield, l’orateur – autre fleuron de la dissidence progressiste – a traité de « la gestion et de la mauvaise gestion
dans le diocèse de Bridgeport » (un des diocèses du Connecticut) et pose les principes « qui devraient être appliqués aux propriétés diocésaines », et notamment le principe que les
laïcs devraient être majoritaires dans tous les conseils d’administration. Il annonce que « l’avocat Tom Gallagher a déjà entamé des discussions avec des législateurs de l’État [du
Connecticut] relativement à la modification des lois réglementant les paroisses et autres entités diocésaines. Les membres de Voice of the Faithful devraient apporter leur soutien à cet
effort ».
On voit que l’affaire vient de loin et on ne peut qu’être écœuré de constater qu’elle est toute combinée par une bande de faux catholiques mais de francs hérétiques près à passer alliance avec
les militants de la haine anti-catholique pour arriver à leur fin qui est la subversion de la sainte Église.